Antipresse 67:L’ère des coquilles vides-ou du crétin numérique universel

 

 

 

Antipresse 67

 


N° 67 | 12.3.2017

Exergue

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Dans ce numéro

Une nouvelle présentation sous forme de table des matières!


NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

L’ère des coquilles vides

Le cœur du Système, III.

nous évoluons désormais dans des systèmes sédévacantistes: des systèmes fondés sur la souveraineté populaire, mais où le siège du souverain est vide.

  Après la perte du Tao vient la bonté.

 Après la perte de la bonté vient la vertu.

Après la perte de la vertu vient la justice.

Après la perte de la justice vient le rite.

Le rite est l’écorce de la droiture et de la sincérité et le commencement du désordre.

 (Livre du Tao, ch. XXXVIII)

Le plus étrange printemps français

La France ne respire plus en cette veille de présidentielle. La sidération est universelle: comment en est-on arrivé là? D’où sort ce Rastignac de synthèse dont on parle partout? Où sont passés les partis qui régnaient hier encore?

La comète Macron® a troué le firmament politique français et entraîné dans son sillage les décombres de tout ce qu’on pouvait appeler le «centre». Ne restent à leur place que le FN et son miroir, Mélenchon. Et tous contemplent l’improbable fuite en avant de Fillon, qui impose l’admiration par son entêtement même.

Les formes sont respectées, et d’autant plus qu’elles sont totalement creuses. La traque au Fillon est certes légale, mais son calendrier compromet sa légitimité. On a oublié les leçons du XXe siècle, où rien ne fut plus légaliste que les régimes totalitaires.

C’est l’une de ces évidences qu’on n’ose même plus rappeler publiquement, tant elles sont… évidentes. Du point de vue de l’intérêt public, il est ainsi infiniment moins grave de surpayer sa femme et ses enfants que de déposséder la nation du fleuron de son économie comme l’a fait Macron® entre autres en vendant Alsthom à General Electric. A moins de quarante ans, le joli Emmanuel s’est déjà illustré comme l’un des plus redoutables prédateurs du patrimoine industriel français, mais nul ne le lui reprochera. Qu’a-t-on à lui reprocher si tout est légal? Ne vivons-nous pas sous un état de droit? L’intérêt public n’est codifié ni par un article de loi, ni par un impératif moral. On lui reprochera peut-être, mollement, ses cachotteries fiscales ou sa promotion payée sur la caisse de l’État. Mais ces licences restent peu de chose auprès des conséquences de son action ministérielle.

Ce qui a vraiment changé

Le phénomène Macron® est incompréhensible dans le cadre de la culture politique dans laquelle nous avons été élevés. Il relève pourtant d’une réalité qui ne date pas d’hier: la réalité de ces pouvoirs de l’ombre que dénonçait dès 1958 le Président de Simenon dans son prophétique discours à l’Assemblée. Une Assemblée «où les partis ne sont plus que des syndicats d’intérêts».

Rien de nouveau sous le soleil, alors? Si, justement: le fait que tout se joue en plein soleil et non plus en coulisses. Plus besoin de longues ascensions, d’«entrisme», de double jeu ni de double langage. Plus besoin même de l’ébauche d’un programme. Bien au contraire. Les spin-doctors vous le diront: dans une campagne de pure «comm» politique, mettre en avant un contenu est «clivant» et donc dangereux. M. Hollande avait promis des choses qu’il n’a pas tenues ni ne pouvait tenir: il n’a fait que décevoir. Un candidat qui ne promet rien ne déçoit personne. Son argument n’est pas de l’ordre de la promesse, mais du charme. Il suffit d’être «dans le vent»: s’assurer de toujours tenir le couteau par le manche. Et puis, bien entendu, bénéficier de la bienveillance fidèle d’un nombre prépondérant de médias, ce dont le candidat s’est assuré tant par ses relations personnelles que par ses services rendus à leurs patrons.

Là encore, ce ne sont que truismes. Macron® exploite à l’extrême la stratégie du look et les complaisances du système. Ce n’est même pas de sa faute. Il incarne la fin de vie d’une Ve république aussi adaptée à ce temps que le télégraphe ou la machine à écrire. Il a émergé à la faveur d’une innovation venue on ne sait d’où. Ou plutôt non: venue on sait d’où: d’Amérique. Les soudaines primaires qui, à droite comme à gauche, ont propulsé des candidats extrêmes, ouvrant un boulevard pour l’extrême… centre! Mais cela encore — les primaires — fait partie de la révolution dont nous sommes témoins.

Ce qui est nouveau en 2017, c’est la carte blanche laissée à cette hypnose collective déguisée en changement politique. Les règles du jeu sont rebattues du jour au lendemain. Des figures apparaissent et disparaissent comme par enchantement. Les mensonges sont sans conséquences. Le ludion peut bien se prétendre «anti-système» bien qu’il en soit un pur produit, soutenir que le libéralisme est «une valeur de gauche», et même déclarer ringard le processus électoral en soi: nul ne lui en tient rigueur sinon ses adversaires politiques — dont la position est par définition suspecte de parti pris. L’arbitrage de la décence n’existe plus. Au milieu du balancier, là où les intérêts s’annulent et où il ne reste que le jugement mûr et impartial, il n’y a plus personne.

Ce n’est pas que le poste en question ait jadis été occupé par des personnes en particulier. C’est tout simplement que la décence commune, l’objectivité et la logique ne guident plus le débat public. Pas plus que la raison d’État, la raison politique tout court. Le jeu des institutions est devenu mobile, tournoyant, comme une scène de théâtre. Comme s’il se jouait dans des couloirs déserts. Comme si le navire de l’Etat était devenu une coquille vide. Exit les institutions et les partis. Voici venu le temps des des manieurs d’opinion.

Le règne de la carpe et du lapin

Le petit Macron® est un péril avéré pour l’intérêt national, mais il est «propre sur lui» (en comparaison d’autres, en tout cas). Il est l’antipode exact du prince de Talleyrand, qui était une crapule cynique, «de la merde dans un bas de soie» (selon Bonaparte), mais dont l’expérience et le sens de l’État ont sauvé la France lors du Congrès de Vienne en 1815. Il s’enrichit certes au passage, mais la mémoire de la nation a su faire la part des choses.

De Talleyrand à Macron®, un paramètre de la vie publique a fondamentalement changé. La raison et le bon sens ont fait place à une alliance mortelle, l’alliance entre les clercs et les magistrats, entre la morale et le droit.

La morale et le droit sont le marteau et l’enclume entre lesquels tout ce qui nous a définis au cours des siècles se fait tailler en pièces au jour le jour. Raison d’État, coutumes et mœurs innées, modes de gouvernement public et privé, expressions d’identité: tout y passe. Une caste s’est cristallisée, possédant à la fois une idéologie rigide et les moyens de la traduire rapidement en articles de loi. Et le bon peuple observe médusé, la bouche ouverte et les bras ballants, comment des bizarreries dont il se gaussait la veille encore deviennent les nouvelles normes au petit matin. «Mariage pour tous! Non mais quoi encore? Pourquoi pas les noces de la carpe et du lapin!» Et hop! Essayez aujourd’hui de vous moquer de cet acquis définitif de l’humanisme

L’avantage de la stratégie du choc juridique, c’est qu’elle est une crémaillère. Une fois qu’une loi a fait «clic», grâce au lobbying des minorités, des «représentants de la société civile» (nouvel avatar des pouvoirs illégitimes) ou des corporations, propulsée au besoin par la vague émotionnelle des tsunamis médiatiques, elle est verrouillée pour de bon. Revenir en arrière? Impossible. Il y faudrait des majorités parlementaires, impossibles à réunir dès lors qu’il s’agit de contrer les intérêts de la suprasociété. Les «élus», une fois élus, ne rêvent que d’être recrutés. Le suffrage de la masse ne leur sert que de strapontin pour accéder au monde de quelques-uns. A-t-on vu des chiens pisser dans leur gamelle?

Même les Suisses, avec leur système unique au monde de démocratie directe, peinent à détricoter la camisole que leur impose un establishment apatride. De plus en plus souvent l’on voit les décisions les plus souveraines, celles obtenues par référendum, rester lettre morte. Incompatibilité avec la législation européenne, les fatwas de la CEDH ou on ne sait quel décret de quelle institution sans mandat populaire: les juristes trient et censurent, déplaçant la souveraineté du peuple vers la primauté du droit.

Le peuple? Quel peuple?

C’est bien le problème: nous évoluons désormais dans des systèmes sédévacantistes: des systèmes fondés sur la souveraineté populaire, mais où le siège du souverain est vide.

En France, la souveraineté du peuple n’est qu’une pétition révocable par le pouvoir législatif (comme l’a montré l’annulation du référendum sur la Constitution européenne), et le pouvoir législatif n’est qu’un consultant de l’exécutif (art. 49.3). On le sait, la patrie de la Révolution n’a jamais cessé d’être une monarchie. Mais il y a un fait nouveau. Les monarchies éprouvent de temps à autre le besoin de recourir au peuple, ce recours que la France ne connaît ni ne comprend plus. Le Front national est devenu, pour ainsi dire, l’interprète exclusif de l’entité «peuple», son ventriloque. Mais de quel peuple parle-t-on?

Dans son livre Fin de partie — Requiem pour l’élection présidentielle, Vincent Coussedière semble considérer cette question comme le seul et unique enjeu de cet étrange printemps. Le défi lancé au pays, écrit-il, ne se résume pas à choisir l’homme (ou la femme) le plus capable de gouverner. «Le défi est un défi archi-politique, qui consiste à réinstituer un peuple capable de légitimer un homme.»

Nul ne semble s’apercevoir de l’inanité des systèmes de gouvernement modernes où le principal intéressé, ce souverain qui les légitime, est écarté des débats, atomisé, réduit en une bouillie muette et indifférenciée, l’équivalent du raya infidèle sous un pouvoir islamique. Le gouvernement pour le peuple et par le peuple est peut-être une illusion, mais un gouvernement contre le peuple et pourtant en son nom est une absurdité de phase terminale qui conduit sûrement à la catastrophe. C’est en son nom que les oligarchies aujourd’hui hissent pignon sur rue avec des hologrammes de type Macron® — afin d’achever de le réduire à une masse servile.

PS. — La France des gens normaux retrouvera-t-elle la voix? Je me le demande chaque fois que je passe deux ou trois jours à Paris, à entendre et observer. Les classes y sont séparées comme au cordeau, par la tenue, le maintien, la manière de s’exprimer. Il y a ceux d’en bas, qui disent «bonjour» en trois syllabes (bonjourreuh) et mettent des chuintantes à la fin des mots comme les clercs serviles des romans de Gogol (ouiche, merciche). Il y a le «personnel technique», sécurité et services, qui, vivant dans la crainte, semble parler à contrecœur pour aussitôt se dédire de chaque mot prononcé, comme le caméléon ravale sa langue. Et puis la caste des bureaucrates et des cadres supérieurs, qui gutturalisent et se portent raides et précautionneux tels des vizirs sous leurs grands turbans, imitant la démarche ondoyante et majestueuse de leurs chameaux. Ceux-là ne voient personne autour d’eux. Ils oublient que c’est à cause de leurs turbans, qui les obligeaient à construire des navires trop hauts, que les amiraux turcs ont été ratatinés à Lépante. Le réveil d’un «peuple», on l’a vu en Russie, passe par la confusion, même éphémère, de ces castes cloisonnées qui se repoussent comme l’huile et l’eau.


CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

Padamalgam (1)

Qu’un président transforme son pays en dictature après avoir utilisé les méthodes démocratiques des élections pour accéder au pouvoir, ce n’est pas nouveau. Que dans sa volonté de verrouillage du pays il veuille, par référendum, renforcer encore son pouvoir, c’est courant et efficace. Quand il taxe l’Allemagne de «pratiques dignes du nazisme» parce que ce pays interdit ses meetings de propagande, Recep Tayyip Erdoğan franchit plusieurs lignes rouges. Celle de la décence: comme tous les champions du muselage de la liberté d’expression dans leur propre pays (et c’est la Turquie qui détient actuellement le record mondial du nombre de journalistes emprisonnés), il pousse des cris d’orfraie quand on remet en cause sa liberté d’expression à lui. Celle du respect du droit dans l’un des principaux pays d’accueil de ses ressortissants et de la liberté de ce pays de fixer ses propres règles et limites à cette forme d’ingérence. Celle du langage: l’usage des mots les plus déplacés, insultants et inadaptés est aujourd’hui pratique courante dans la volonté visible et délibérée de créer le chaos chez les autres.

C’est la question que je me suis posée à première vue en découvrant le titre du livre de Hamed Abdel-Samad, Le fascisme islamique (Grasset, 2017) : le terme «fascisme» pour qualifier l’islamisme est-il adapté? ne s’agit-il pas, là aussi, d’un abus de langage qui délégitimerait une thèse par ailleurs peut-être solide et étayée? N’est-ce pas utiliser les mêmes méthodes que ses adversaires et par conséquent s’abaisser à leur niveau?

La lecture du livre convainc rapidement du bien-fondé de l’usage du mot. Dès le premier chapitre, Hamed Abdel-Samad explique ce qui motive l’assimilation qu’il fait de l’islamisme au fascisme, en passant l’islamisme au crible des quatorze caractéristiques identifiées par Umberto Eco dans ses Cinq questions de morale (Le Livre de Poche, 2002) pour caractériser ce qu’il appela «Ur-fascisme», le fascisme «primitif et éternel».

Remontant aux sources historiques de la fondation de l’islam par Mahomet, il démontre qu’islam et islamisme sont indissociables: l’islam, dans son principe même et dès sa fondation, contient le «virus» de l’islamisme. Ce qui ne veut pas dire que ce virus va forcément devenir actif chez tous les musulmans, mais qu’il est présent et ne demande souvent que peu de choses pour se révéler. La vocation universelle de cette religion fait partie de ses gênes, et le djihad partie intégrante de l’islam originel: « C’est la raison pour laquelle on ne peut séparer le phénomène islamiste de l’islam, car le virus du djihad puise sa force explosive dans l’enseignement et l’histoire de l’islam. Ce ne sont pas les islamistes modernes qui ont inventé le concept du Djihad, c’est le prophète Mahomet» (p. 127). Par ailleurs, «contrairement à Jésus, Mahomet ne fut pas seulement prédicateur mais tout à la fois chef d’État, commandant d’armée, ministre des Finances, législateur, juge et policier». De ce fait, contrairement aux autres religions, dès le départ l’islam a été politique. Ce qui constitue, d’après Hamed Abdel-Samad, un «défaut de naissance» (p. 229).

Ainsi, s’exclamer systématiquement, après chaque attentat ou autre acte criminel commis par des islamistes que «ce n’est pas l’islam» (avec ce désormais célèbre et sempiternel cri de ralliement des naïfs: « Padamalgam!») constitue bel et bien une erreur de jugement. Pour autant, il ne s’agit pas de condamner sans discrimination les musulmans eux-mêmes en tant que personnes. On peut cependant attendre d’eux qu’ils remettent en question cette religion dans son universalisme, ses méthodes et ses pratiques: « Le problème n’est pas ce qu’a dit ou fait Mahomet voilà 1’400 ans, mais le fait que beaucoup de musulmans le voient comme un modèle pour les actes qu’ils accomplissent au XXIe siècle» (p. 229).

Hamed Abdel-Samad, intellectuel allemand d’origine égyptienne (qui fut élevé dans la foi musulmane par un père imam), fait l’objet d’une fatwa depuis 2013, suite à une conférence ayant pour sujet «le fascisme religieux en Égypte», qu’il tint au Caire en 2013. Il vit depuis sous haute protection policière. Le fascisme islamique est son premier livre traduit en français. C’est en revanche son sixième livre publié en Allemagne. Paru initialement en 2014 en Allemagne, où il entra rapidement dans la liste des best-sellers, il fallut trois ans pour qu’un éditeur accepte de le publier en français. La maison d’édition qui en acquit d’abord les droits dès sa parution en allemand (les Éditions Piranha) en retarda plusieurs fois la parution, jusqu’à finalement renoncer après les attentats de Nice. On saluera le courage des Éditions Grasset, qui ont repris le flambeau.

On pourra regretter quelques erreurs factuelles dans le texte (non, Mein Kampf n’est pas «interdit partout dans le monde», et notamment plus en langue allemande depuis 2016 et la parution d’une édition enrichie de milliers de notes), ainsi que l’absence de mise à jour de certains chapitres dont les propos écrits en 2014 ne sont plus tout-à-fait à jour (par exemple sur la situation politique en Tunisie, où le parti islamiste Ennahdha n’est plus aussi dominant politiquement depuis les élections de 2014). Et si Hamed Abdel-Samad dénonce à juste titre la puissance de l’antisémitisme des pays musulmans, il fait preuve d’une absence totale de critique de la politique israélienne et du sionisme contemporain, sujet qu’il n’aborde même pas.

Cela dit, face à une tendance éditoriale nettement orientée vers la dénonciation de l’islamophobie(que ce soit dans les livres ou les médias), il paraît plus que nécessaire de donner les paroles à ceux qui osent critiquer l’islam. C’est pourquoi d’ailleurs cette chronique porte le numéro 1: nous reviendrons sur ce sujet à l’avenir. L’islamophobie, en tant que critique d’une idéologie, n’est pas un racisme. Et si le XXe siècle a vu s’affronter deux totalitarismes (nazisme et communisme) qui ne lui ont pas survécu, leur ont succédé en ce début de XXIe siècle deux autres formes de totalitarisme: la mondialisation et le fascisme islamique.

Or, si la critique de la mondialisation est aujourd’hui largement répandue, considérée comme «acceptable», disposant de nombreux analystes à son service, ce n’est pas (encore) le cas de celle du fascisme islamique, qui bénéficie de la même mansuétude que le stalinisme dans ses plus belles années. Si le communisme put s’appuyer longtemps, dans les pays occidentaux, sur un large réseau d’«idiots utiles» (comme les appelait Lénine), après la chute du communisme ces derniers ont trouvé un nouvel emploi, cette fois au service du fascisme islamique. L’un des premiers symptômes forts de ce basculement de la ferveur des «idiots utiles» en faveur de l’islam fut certainement la célébration du régime de l’ayatollah Khomeiny en Iran par Michel Foucault dès 1979. En ce sens, la publication de nos jours de livres comme celui de Hamed Abdel-Samad est aussi utile et nécessaire que le fut celle du livre de Viktor Kravtchenko J’ai choisi la liberté! en 1947. Comme un contre-feu à la suprématie, dans le débat public, des «idiots utiles».


Le désinvité de la semaine

Albert Caraco: «Arpenter notre évidence»

C’était peut-être l’auteur le plus singulier, le plus mystérieux, le plus dérangeant de toute la galaxie des provocateurs qu’hébergeaient les éditions L’Age d’Homme. Sa découverte fut un choc qui changea, littéralement, ma vie en ébranlant toutes les croyances qui me soutenaient.

Fils de la grande bourgeoisie juive réfugié avec ses parents en Amérique du Sud et baptisé catholique, Albert Caraco revint en Europe en 1946 pour découvrir les ravages de l’idéologie — ainsi que sa propre appartenance qu’on lui avait cachée par précaution.

Il passa le reste de sa vie à écrire des livres insoutenables destinés à des lecteurs proprement héroïques. Chrétienté, judaïsme, démocratie, science, psychologie, sexologie… tout y passa, sans pitié, sans concessions. Comme Cioran, il revendiquait le désabusement total. A la différence de lui, il fut conséquent et s’ôta la vie au lendemain de la mort de son père.

Albert Caraco n’avait vécu que par affection pour ses parents. Il a disparu à 51 ans et laisse derrière lui une œuvre philosophique et mémoriale écrite en quatre langues sans comparaison dans notre temps.

Le Bréviaire du Chaos est la quintessence et la synthèse de sa pensée dans sa forme la plus prophétique et la plus brutale. Ce choix d’extraits touche à ses grands sujets: suicide environnemental, illusions menant à la guerre, abrutissement collectif, mensonge des religions, salut par le matriarcat. Et, par-dessus tout: nécessité de revenir à la pensée sans entraves et aux évidences premières.

Slobodan Despot


Main courante

AP067 main courante

DÜSSELDORF | Tiens, revoilà l’«ex-Yougoslavie»…

Pendant des années, les médias et les politiques en Europe nous ont martelé que la Yougoslavie n’existait pas. Les mêmes ont ardemment milité pour la reconnaissance du Kosovo, même si cette reconnaissance partielle a miné le système du droit international et divisé jusqu’aux Etats membres de l’UE.

Et puis, soudain… voici que l’«ex-Yougoslavie» réapparaît. Comme pays d’origine du «désaxé» à la hache de Düsseldorf.

Le symptôme est sûr et sans appel: comme dans les affaires de drogue, le retour de l’adjectif «ex-yougoslave» masque une identité qu’on n’ose pas nommer. En l’occurrence, le «bûcheron», Fatmir H., était bel et bien un musulman originaire du Kosovo.

Comme d’habitude également, cela n’a rien à voir avec… Bref, padamalgam!

Heureusement, une tribune dévastatrice de Kate Hopkins dans le Daily Mail est venue nous remettre les yeux en face des trous:

«Une des choses qui me surprennent quasi-hebdomadairement, c’est comment les attaques à la hache, à la machette, au couteau ou à la bombe contre des citoyens dans toute l’Europe mobilisent des brigades antiterroristes bien qu’il ne s’agisse apparemment pas de terrorisme.

On nous affirme catégoriquement: ce n’était pas une attaque terroriste. Et, comme pour napper de sucre notre dose quotidienne de multiculturalisme, nous apprenons avec une étonnante célérité l’origine de l’assaillant s’il vient de n’importe où sauf d’un pays majoritairement musulman.

Les autorités s’époumonaient à annoncer que le camion de l’attentat de Noël dernier avait un chauffeur polonais. Avant de découvrir peu après que celui-ci avait été assassiné dans sa cabine par le terroriste musulman qui tenait le volant.

Il en a failli du temps avant que le désaxé de Düsseldorf ait pu être nommé…»

Mais encore:

UKRAINE | Quand le révisionnisme s’invite à Assas

FRANCE | Le schémacron

SYRIE | Lexique du conditionnement

 

log.antipresse.net, l’information qui pense.


Pain de méninges

Mécontentement de soi et crédulité

Il semble y avoir quelque lien entre le mécontentement de soi et la disposition à la crédulité. Le besoin d’échapper à son vrai moi est aussi un besoin d’échapper à la rationalité et à l’évidence. Le refus de nous voir tels que nous sommes entraîne un dégoût à l’égard des faits et de la froide logique. Il n’y a pas d’espoir pour les frustrés dans le réel et le possible. Le salut ne peut leur arriver que du miracle, qui filtre à travers les failles du mur de l’inexorable réalité. Ils demandent à être trompés… La règle semble être que ceux qui s’illusionnent aisément sont aussi aisément trompés par d’autres.

— Eric Hoffer.


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Auteur : erlande

68 ans;45 ans d'expérience dans la communication à haut niveau;licencié en lettres classiques;catholique;gaulliste de gauche à la Malraux;libéral-étatiste à la Jacques Rueff;maître:Saint Thomas d'Aquin:pro-vie sans concession.Centres 'intérêt avec connaissances:théologie,metaphysie,philosophies particulières,morale,affectivité,esthétique,politique,économie,démographie,histoire,sciences physique:physique,astrophysique;sciences de la vie:biologie;sciences humaines:psychologie cognitive,sociologie;statistiques;beaux-arts:littérature,poésie,théâtre,essais,pamphlets;musique classique.Expériences proffessionnelles:toujours chef et responsable:chômage,jeunesse,toxicomanies,énergies,enseignant,conseil en communication:para-pubis,industrie,services;livres;expérience parallèle:campagne électorale gaulliste.Documentation:5 000 livres,plusieurs centaines d'articles.Personnalité:indifférent à l'argent et aux biens matériels;généraliste et pas spécialiste:de minimis non curat praetor;pas de loisirs,plus de vacances;mémoire d'éléphant,pessimiste actif,pas homme de ressentiment;peur de rien sauf du jugement de Dieu.Santé physique:aveugle d'un oeil,l'autre très faible;gammapathie monoclonale stable;compressions de divers nerfs mal placés et plus opérable;névralgies violentes insoignables;trous dans les poumons non cancéreux pour le moment,insomniaque.Situation matérielle:fauché comme les blés.Combatif mais sans haine.Ma devise:servir.Bref,un apax qui exaspère tout le monde mais la réciproque est vraie!

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